Klaus Kinski et Maria Schneider en tête d’affiche d’un thriller « engagé ». Un chef d’oeuvre injustement oublié ? Euh, non.

Haine (1980)

Haine (1980)

Ecrit et réalisé par Dominique Goult

Avec Klaus Kinski, Maria Schneider, Patrice Melennec, Evelyne Bouix,…

Direction de la photographie : Roland Dantigny / Montage : Jean-Claude Bonfanti / Musique : Alain Jomy

Produit par Jean-Paul Thirriot

Drame / Thriller

90mn

France

Un motard (Klaus Kinski), vêtu d’une combinaison blanche, se retrouve coincé dans un village où une jeune fille vient d’être renversée par une moto. Il s’attire rapidement l’antipathie des villageois puis leur haine. Seule une personne lui vient en aide, Madeleine (Maria Schneider), une jeune femme qui élève seul son enfant sous le regard rempli de désapprobation de la communauté et le dégoût du père, un camionneur antipathique (Patrice Melennec) qui décide de faire payer le motard.

Le film s’ouvre sur une citation de Stendhal tirée de son roman « Rouge et Noir » : « J’ai assez vécu pour voir que différence engendre haine ». Au moins le thème est posé d’emblée. Notre motard tout vêtu de blanc est un brave type qui a plutôt le sourire facile (je sais ça fait bizarre de dire ça quand le personnage en question est interprété par Klaus Kinski).  Une figure quasi christique qui subira un véritable chemin de croix pour la seule raison que c’est un étranger. Il a même sa Marie Madeleine (rebaptisé Madeleine – oui c’est très subtil !)

« Haine » aurait pu être un film intéressant si le scénariste et réalisateur Dominique Goult, venu du porno, savait écrire des dialogues, diriger des acteurs et tenir une caméra. Malheureusement, il est incompétent dans tous ces domaines.

Les maladresses de réalisation se succèdent (le pire étant les scènes d’action et d’accident), les acteurs sont tous mauvais (sans aucune exception) et les dialogues et situations ineptes. Je n’ai toujours pas compris le sens de la première scène (le sabotage d’une centrale électrique), ni pourquoi le motard n’arrive pas à fuir le village (ah oui il passe le temps à tomber de sa moto mais à la fin ça devient plutôt risible qu’autre chose surtout quand il fait visiblement du deux à l’heure).

Interdit aux moins de 18 ans à sa sortie (les scènes de violence ne sont pourtant pas très graphiques pour l’époque), « Haine » aura une carrière décevante avec 300.000 entrées France. Dominique Goult ne tournera pas d’autre film.

Je ne comprends pas pourquoi un éditeur aussi expert dans le cinéma de genre que « le Chat qui Fume » a décidé d’ajouter « Haine » à son catalogue. On peut rendre un meilleur service au film de genre français, déjà pas très bien vu par la critique et le public, qu’en ressortant un tel navet aussi prétentieux que mal fagoté.

Et pourtant… le synopsis et le casting (Klaus Kinski et Maria Schneider en tête d’affiche quand même !) ne peuvent qu’attirer la curiosité (d’ailleurs j’ai acheté ce blu-ray)… curiosité ici fort mal placée.

J’aurais voulu aimer « Haine ». Redécouvrir un film oublié est toujours un moment important dans la vie d’un cinéphile, et c’est une quête qui justifie l’existence même de ce site. Mais la seule chose à sauver de cette édition, à part la restauration de l’image (par contre le mixage du son – sûrement un défaut d’origine – est une catastrophe, j’ai activé les sous-titres en français) est l’interview de l’acteur français Patrice Melennec, bien plus intéressant que le film lui-même.

Combo DVD/Blu-ray. Studio Le Chat qui Fume (2019). Edition limitée à 1000 exemplaires. Version française et version allemande avec des sous-titres français. Bonus : reportage sur le tournage du film (4mn) et « La Haine » par Patrice Melennec (32mn).

 

 

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