Un film d’exploitation philippino-américain réalisé par un spécialiste du genre et marqué par la rencontre explosive de Pam Grier et Margaret Markov

Black Mama White Mama (1973)

Réalisé par Eddie Romero

Ecrit par H.R. Christian d’après une histoire de Joe Viola et Jonathan Demme

Avec Pam Grier, Margaret Markov, Sid Haig, Zaldy Zshornack,…

Direction de la photographie : Justo Paulino / Production design : Robert Formoso / Musique : Harry Betts

Produit par Eddie Romero et John Ashley

Thriller / Action

87mn

USA / Philippines

Une prostituée noire Lee Daniels (Pam Grier) et une révolutionnaire blanche Karen Brent (Margaret Markov) se retrouvent dans une prison pour femmes. Elles ne tardent pas à attirer l’attention d’une garde vicieuse et lesbienne. Si Lee refuse les avance, Karen essaie d’en tirer avantage. Les deux jeunes femmes se battent et sont enfermées pendant une journée dans « le four » avant d’être menottées ensemble pour être transférées dans une prison de haute sécurité afin d’être interrogées, Karen pour ses activités révolutionnaires et Lee pour avoir été la préférée d’un chef mafieux. Mais pendant leur transfert, leur convoi est attaqué par les camarades de Karen. Durant l’échange de tir nourrit qui s’ensuit, Lee et Karen s’enfuient. Mais elles sont toujours attachées et ont déformais à leur trousse la police et la mafia.

« Black Mama White Mama » fait partie des co-productions philippino-américaines du début des années 70 mettant en scène des prisons de femmes. Action et créatures sexy souvent dénudées sont au menu. A la tête de ces films, on retrouve souvent Jack Hill, un ancien de l’université de California, passé par l’école Corman (tout comme son camarade Francis Ford Coppola). Mais ici c’est le réalisateur prolifique philippin de séries B Eddie Romero qu’on retrouve au poste de réalisateur. Il embarque l’actrice Pam Grier avec qui il avait déjà tourné le film d’horreur « The Twillight People » (1972) et qui avait tourné dans les précédents films de prison de Jack Hill. Grier n’était pas encore une star de la blackxploitation, elle le deviendra la même année en enchainant avec « Coffy » signé.. Jack Hill.

Romero convainc également la star de « The Twillight People », l’acteur américain John Ashley, de le co-produire « Black Mama White Mama » avec lui.

Cette longue escapade de deux femmes menottées, qui se détestent et doivent fuir ensemble rappelle notamment « The Defiant Ones » (1958) de Stanley Kramer et « Figures in a Landscape » (1970) de Joseph Losey. Mais ici on est vraiment dans un film d’action qui n’a d’autre but que de divertir. La partie « Prison de femmes », forcément un peu voyeuse, est en fait rapidement expédié. Nous suivront surtout les deux jeunes femmes dans leur course désespérée afin d’échapper à leurs poursuivants.

Tout sépare les deux jeunes femmes. Karen est une jeune bourgeoise blanche qui se veut révolutionnaire et ne pense qu’à la Cause. Alors que Lee est une jeune noire, prostituée depuis ses treize ans et n’a qu’une idée en tête, fuir l’ile avec le petit pactole qu’elle a volé à son patron. On s’en doute, leurs pérégrinations vont les amener à sympathiser et elle vont apprendre à s’entraider pour survivre.

Dans « Black Mama White Mama », les autorités policières ne sont guère mieux que la mafia. Les révolutionnaires sont un peu mieux, mais dans un contexte où tout le monde tire sur l’autre sans trop se poser de question, l’issue ne peut être que sombre.

Cette série B à très petit budget est généreuse en scènes d’action et de nudité dignes d’un bon film d’exploitation (ce qu’il est) et en grossières erreurs de raccords (son et image). Néanmoins son ton sombre et la présence à l’écran du duo Pam Grier (qui y gagne sa première tête d’affiche) et Margaret Markov (une actrice américaine elle aussi passée par les co-productions philipino-américaines) en font plus qu’une simple curiosité.

Le scénario est tiré d’une idée de joe Viola et Jonathan Demme (oui le réalisateur de « Silence of the Lambs » et de « Philadelphia » !) qui collaborent alors sur plusieurs scénarios de séries B à Z dont « Angels Hard as They Come » (1971) ou encore  » The Hot Box », réalisées par Joe Viola. Pour sa part, rappelons que Demme a commencé à la réalisation par des films d’exploitation pour Roger Corman dont le film américain de prison de femmes (encore !) « Caged Heat » (1974) et le film de gangster au féminin « Crazy Mama » (1975).

DVD MGM (2007). Version originale sous-titrée en français et version française. Aucun bonus. 

 

 

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