Un drame fort sur l’effondrement d’un couple porté par une réalisation sobre d’Alan Parker et le duo Albert Finney et Diane Keaton

L'usure du temps (1982)

Shoot the Moon (1982)

(L’usure du temps)

Réalisé par Alan Parker

Ecrit par Bo Goldman

Avec Albert Finney, Diane Keaton, Peter Weller, Karen Allen, Dana Hill,…

Directeur de la photographie : Michael Seresin / Production design : Geoffrey Kirkland / Direction artistique : W. Stewart Campbell / Montage : Gerry Hambling

Produit par Alan Marshall

Drame

124 min

USA

George Dunlap (Albert Finney) est un écrivain à succès qui vient de remporter un prix littéraire majeur pour son dernier roman. Mais sa vie de couple est en morceaux et dès le lendemain il quitte avec fracas la grande maison conjugale et laisse derrière lui sa femme Faith (Diane Keaton) et ses quatre filles. Il part s’installer chez sa maitresse Sandy (Karen Allen) qui a elle même un jeune fils. Pour l’ainée des Dunlap, l’adolescente Sherry (Dana Hill) c’est évidemment très compliqué. George et Faith passent par des moments entre disputes et de rapprochements. Pas évident de mettre fin à une histoire d’amour, surtout avec des enfants. Et quand Faith est séduite par le jeune Frank (Peter Weller), George est tiraillé par la jalousie.

« Shoot the Moon » fait partie de cette vague de drames hollywoodiens sur le divorce qui a prit d’assaut les écrans dans les années 80, engendrée par le triomphe de « Kramer contre Kramer » (1979). Ici le scénariste Bo Goldman et le réalisateur Alan Parker décident de s’intéresser à l’impact sur les enfants et la problématique des familles recomposées, principalement par le biais de la fille ainée des Dunlap, Sherry. Mais aussi à la place de la femme avec un mari créatif et absent et une mère complètement dédiée à ses enfants. Parker et Goldman ont pu s’inspirer de leur propre vécu de couple et de leurs appréhensions, Parker était alors marié avec quatre enfants et Goldman avec six enfants.

A un moment, Faith concède (dans un moment de faiblesse ?), qu’obnubilée par son statut de mère, elle a sûrement oublié d’être une bonne épouse, et on peut trouver qu’elle est un peu trop compréhensive avec son mari qui se comporte quand même comme un gros c*n, du début à la fin. Un homme qui trompe sa femme, la quitte mais n’assume pas de la voir vivre sa vie sans lui. Le final est un peu

Si aujourd’hui « Shoot the Moon » est largement oublié, c’est pourtant une réflexion intéressante sur le couple écrite par un scénariste talentueux (« One Flew Over the Cuckoo’s Nest », « The Rose »,…) et réalisée avec une sobriété inattendue par Alan Parker qui avait enchainé les succès, dans des registres bien différents, de « Midnight Express » (1978) et « Fame » (1980) et allait sortir la même année « The Wall » (1982). Il est amusant de noter d’ailleurs que la musique, si omniprésente dans les trois films cités, est ici quasiment absente (on entend juste quelques notes de piano simple et mêmes pas créditées au générique).

On dirait ici plus un film de Woody Allen (on y retrouve d’ailleurs son actrice fétiche de l’époque) que d’Alan Parker ! Face à une Diane Keaton impeccable, Parker a eu le bon goût de faire appel à l’anglais Albert Finney, devenu une star grâce à « Tom Jones » (1963) mais qui venait d’enchainer deux films moyens sans être inintéressants, « Wolfen » et « Looker« , tous deux sortis en 1981.

Finney est impressionnant dans ses moments de colère où il perd pied (avec deux scènes d’une grande violence) aussi bien que dans ses moments de doute intérieur où ses tentatives vaines de se racheter. Dans les seconds rôles, on a le droit à Peter Weller (futur « Robocop » qui trouvait ici l’un de ses premiers rôles notables – sinon le premier) et, dans un rôle malheureusement plus effacé Karen Allen qui venait de tourner dans « The Raiders of the Lost Ark » (1981). Dans le rôle de l’adolescente de 13 ans, on peut saluer la prestation de Dana Hill (alors âgée de 18 ans !) et qui connue une intéressante mais brève carrière au cinéma, à la télévision et au théâtre avant de mourir des complications du diabète à seulement 32 ans.

DVD US zone  1. Studio Warner Home Video (2007). Version originale avec des sous-titres optionnels en anglais et version française. 

 

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