Un survival français, signé Serge Leroy, avec une ambiance malsaine et un casting hors-paire. A re-découvrir !

La traque (1975)

Réalisé par Serge Leroy

Ecrit par André G. Brunelin d’après une idée de Serge Leroy

Avec Mimsy Farmer, Jean-Luc Bideau, Michael Lonsdale, Michel Constantin, Jean-Pierre Marielle, Philippe Léotard,…

Directeur de la photographie : Claude Renoir / Montage : François Ceppi / Musique : Giancarlo Chiaramello

Produit par Claire Duval, Edouard Garrouste et Eugène Lépicier

Thriller

92mn

France / Italie

Helen Wells (Mimsy Farmer) est une touriste anglaise qui a loué une maison perdue dans la campagne normande pour le week-end. Mais elle tombe sur des chasseurs, fortement avinés. L’un d’eux la viole et pour se venger elle tire sur l’homme. Une traque est alors organisée pour que la touriste n’aille pas les dénoncer à la police.

Philippe Mansart (Jean-Luc Bideau) a passé la nuit à l’hôtel avec son amante, femme d’un ponte local, David Sutter (Michael Lonsdale) qui le soutient dans ses ambitions politiques. En partant, Mansart remarque une jeune anglaise Helen (Mimsy Farmer), venue en train, qui a loué pour le week-end une maison perdue dans la campagne environnante. Il lui propose de la déposer.

En route, ils sont suivis par deux des amis de Mansart, les frères Danville Albert (Jean-Pierre Marielle) et Paul (Philippe Léotard) avec qui il a rendez-vous pour une partie de chasse. Les deux frères percutent la voiture de Mansart, conduisent dangereusement, et Helen commence à paniquer. Quand elle fait la connaissance des Danville, quelques minutes plus tard, elle se montre distante (on la comprend !) et refuse de les accompagner dans leur chasse au sanglier. Mansart la dépose et les trois vont rejoindre leurs autres partenaires de chasse, tous des notables locaux. Dans ce groupe, les frères Danville, qui tiennent une carrosserie, font tâche.

Alors que la partie de chasse débute, et que des premières tensions commencent à apparaître, notamment suite au comportement puéril des Danville, les chasseurs se séparent en groupes. Les frères Danville tombent sur la jeune anglaise Helen, partie se promener. Celle-ci répond froidement aux insinuations de Paul qui s’énerve et décide de la prendre de force. Il la viole tandis qu’Albert la tient. Puis ils partent, laissant Helen choquée, mais quand quelques minutes plus tard, Paul retourne sur place pour chercher un fusil oublié et qu’il tente d’embrasser Helen, celle-ci saisit le fusil et lui tire dessus. Alors que son frère agonise, Albert se lance alors à la poursuite d’Helen pour l’empêcher d’avertir la police.

« La Traque » fait partie de ces films entre survivalisme et revenge movie, typiques des années 70, qui explorent les recoins les plus sombres et cruels de l’esprit humain. On pense bien sûr à « Straw Dogs » (Chiens de paille, 1975), le classique de Sam Peckinpah. Mais il est aussi difficile de ne pas penser aux films de Chabrol qui dénoncent les mentalités de la bourgeoisie de province.

Par des collusions d’intérêt communs et la totalité de leurs petites lâchetés qui les lient, ces hommes vont se convaincre qu’ils n’ont qu’une solution : commettre l’impensable.

La réalisation de Serge Leroy est solide, l’atmosphère pesante, les personnages bien posés par une brochette d’acteurs français imparables de l’époque (à ceux déjà nommés il faut rajouter Michel Constantin, Michel Robin, Paul Crauchet et Gérard Darrieu). L’actrice américaine Mimsy Farmer a ce qu’il faut d’apparente fragilité et de réelle force de caractère pour rendre son personnage crédible.

Il faut bien entendu avoir les tripes bien accrochées, car s’il n’y a rien ici de très graphique, l’ambiance est particulièrement malsaine et pesante de bout en bout. « La traque » est une bonne déclinaison française de ce genre spécifique, le survival, qui du thriller s’est déporté avec les années vers l’horreur.

Il faut quand même dire quelques mots sur Serge Leroy. Ce dernier est un réalisateur français un peu oublié aujourd’hui qui a oeuvré à la télévision dans les années 60 où il a réalisé de nombreux reportages et des documentaires. Il est venu au cinéma en tant que scénariste et réalisateur avec le drame dans le milieu journalistique « Ciel bleu » en 1971 pour après continuer avec le polar « Mataf » (1973) et donc « La Traque » deux ans plus tard ou encore « Les passagers » (1977). Il signera encore une poignée de films jusqu’à « Taxi de nuit » en 1993, tout en tournant des fictions pour la télé française et en filmant Gainsbourg et Coltrane. Il est mort en 1993 à l’âge de 56 ans.

Pas d’édition DVD/blu-ray pour le moment (et c’est assez honteux) !!

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