Le premier film de John Carpenter est une comédie SF tournée avec un budget rikiki mais de bonnes idées.

Dark Star (1974)

Réalisé par John Carpenter

Ecrit par John Carpenter et Dan O’Bannon

Avec Dan O’Bannon, Dre Pahich, Brian Narelle, Cal Kuniholm,…

Directeur de la photographie : Douglas Knapp / Montage et production design : Dan O’Bannon / Musique : John Carpenter

Produit par John Carpenter

Science-fiction / Comédie

83mn (version cinéma) et 71mn (version director’s cut)

USA

« Au XXIIème siècle, le Dark Star sillonne l’espace pour détruire des planètes à l’orbite instable qui menacent la colonisation humaine de l’univers. Reclus dans leur vaisseau depuis 20 ans, l’équipage du Dark Star est tombé dans un ennui intersidéral. Un jour cependant, suite à une avarie électronique, une bombe enclenchée ne peut être larguée et menace d’éclater dans le vaisseau… »

« Dark Star » est le premier film de John Carpenter. Il a commencé à travaillé sur le film entre 1970 et 72 comme projet d’étudiant pour la School of Cinematic Arts de l’USC (University of Southern California) d’où sont sortis des figures comme Geroge Lucas et Robert Zemecicks. Lucas avait lui même réalisé un film de SF comme projet de fin d’étude qui donnera lieu à un développement commercial « THX 1138 » (1971).

« Dark Star » a bénéficié d’un traitement similaire sauf que dans ce cas précis Carpenter s’est enfui de l’université avec les négatifs censés appartenir à l’université en espérant pouvoir trouver un distributeur. Il tombe sur un petit producteur spécialisé dans les séries Z, Jack H. Harris. Carpenter obtient ainsi les fonds pour finir le projet en tant que long métrage, le mettre au format 35mm (il avait été tourné en 16mm) et refaire une partie de la bande son. Une première présentation au Filmex a eu lieu en 1974 et une sortie limitée en salles l’année suivante (il sortira cinq ans plus tard en France, après le triomphe de « Halloween »).

« Dark Star » n’a pas été un gros succès mais a obtenu un film culte dans les années 80 avec le développement de la VHS.

Et bien sûr le film bénéficie a posteriori de l’aura de ses deux concepteurs. John Carptenter est devenu un réalisateur cultissime pour tous les amoureux de film de genre, tandis que le co-scénariste (également acteur, monteur et production designer !) Dan O’Banon va entre autres signer le scénario d’ « Alien » (1977) ainsi que le scénario et la réalisation de la comédie zombie « The Return of the Living Dead » (1985).

Vu son budget pharaonique de 60.000 dollars, « Dark Star » n’était déjà pas une référence en matière d’effets spéciaux en 1974. Mais bon tourner un film qui se déroule entièrement dans l’espace pour un si petit budget relevait vraiment de la gageure.

On a ainsi l’impression de regarder un vieil épisode de Star Trek. Néanmoins si on passe outre sur ses failles en termes d’effets visuels à 3 cents (mais pour le moins inventifs comme les moules à muffin scotchés sur du matériel d’isolation en guise de combinaisons spatiales !), « Dark Star » reste une comédie de SF tout à fait recommandable. Pas de quoi se frapper la tête contre une étoile noire, mais les personnages, en gros une bande de routiers de l’espace en mode hippie, sont bien dessinés.

De plus, quelques scènes sont mémorables. Comme quand le commandant sort dans l’espace pour donner une leçon de phénoménologie à une bombe bien décidée à exploser – même si un problème l’empêche de se décoller du vaisseau et qu’elle va donc entraîner la destruction du vaisseau et la mort de ses occupants. Ou la scène surréaliste quand le personnage de Pinback (joué par O’Banon), en fait un technicien qui a pris par erreur la place d’un spationaute et qui est détesté par tous les autres, part à la recherche de la créature (un ballon avec des pattes), le seul extraterrestre qu’ils ont rencontré, adopté comme mascotte, et qui a pour particularités d’être idiot, d’émettre des sons étranges et de puer.

Ce n’est pas très subtil mais ça marche. Et on se délecte des clins d’oeil à « Dr Strangelove » (1964) et à « 2001: A Space Odyssey » (1968) de Kubrick.

Même si la copie n’est pas folichonne, le studio Carlotta a fait un beau travail d’édition en nous proposant un double DVD et un blu-ray avec les deux versions du film (la version cinéma et la version director’s cut plus courte) ainsi qu’un documentaire sur le film.

DVD et Blu-ray édtion FR. Studio Carlotta Films (2014). Version originale sous-titrée en français et version française. Bonus : Film en version cinéma (83′) et Director’s Cut (71′), making of « Let there be light : L’odyssée de Dark Star » (102mn)

 

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