Un thriller horrifique, made in France, avec un Père Noël psychopathe qui traque un enfant de neuf ans. Qui va gagner ?

3615 code Père Noël

3615 code Père Noël (1989)

Ecrit et réalisé par René Manzor

Avec Alain Musy, Patrick Floersheim, Louis Ducreux, Brigitte Fossey, François-Eric Gendron,…

Direction de la phtographie : Michel Gaffier / Direction artistique : Eric Moulard / Montage : Christine Pansu / Musique : Jean-Félix Lalanne

Produit par Jean-Luc Defait et Ziad El Khoury

Thriller / Horreur

87mn

France

« Il a 9 ans. Il s’appelle Thomas (Alain Musy). Il croit au Père Noël. Il a 2 passions : l’informatique et les super-héros. Le 24 décembre, caché sous la table de la salle à manger, Thomas attend l’arrivée du Père Noël, bien décidé à le capturer. Mais, ce qu’il ne sait pas, c’est qu’il est sur le point de vivre la nuit la plus terrifiante de toute sa vie. Un duel sans merci va l’opposer à un psychopathe. »

36 15 Code Père NoëlAlain Manzor tournait ici son deuxième film. Le premier est « Le Passage« , film fantastique avec Alain Delon qui fut le succès surprise de 1986 avec ses 2,5 millions d’entrées. Loin de lui ouvrir les portes, ce premier succès, atypique pour le cinéma français de l’époque, l’obligera à faire des boulots alimentaires avant que son frère, le chanteur  Francis Lalanne qui avait produit « Le Passage », lui propose de financer un deuxième projet.

Pas question en tout cas pour Manzor d’abandonner le film de genre, qui lui était inspiré autant par le cinéma français d’avant guerre que le cinéma américain de Spielberg et De Palma.

L’histoire de « 3615 Code Père Noël » a ainsi été imaginée par Manzor pour être tournée quasi entièrement en studio (en l’occurrence dans un ancien hangar frigorifique) afin de réduire les frais avec seulement quelques plans extérieurs filmés au château de Dampont à Us en banlieue parisienne et des plans volés au magasin Le Printemps.

Le film sent bon les maquettes et les effets visuels bricolés, fort ingénieux il faut l’avouer. Ca fait partie de son charme. De même pour la steadycam qui rase la moquette. Tout ça donne une identité visuelle particulière attachante au film.

Niveau casting, pas d’Alain Delon cette fois-ci, le héros du film ayant 9 ans. Mais on retrouve dans le rôle de Thomas un certain Alain Musy qui jouait le fils de Delon dans « Le Passage ». Alain Musy, ou plutôt Alain Lalanne de son vrai nom, est en fait le fils de René Manzor. A ses côtés, on retrouve Brigitte Fossey (dans le rôle de la mère),  Louis Ducreux (dans le rôle du grand père) et Patrick Floersheim (le psychopathe).

La révélation du film est sans nul doute Patrick Floersheim, une sacrée gueule d’acteur mais qui était alors surtout connue en tant qu’acteur de doublage. Il est inquiétant à souhait dans ce rôle de faux Père Noël mais vrai psychopathe ! Quant au petit Alain Musy-Lalanne, je ne peux m’empêcher de le trouver assez tête à claques (mais c’est le personnage qui veut ça !). Il ne se débrouille pas trop mal (et c’est plutôt une bonne surprise car mes souvenirs du film – que j’ai vu une première fois au début des années 90 – étaient à ce titre assez catastrophiques).

« 3615 Code Père Noël » a en tout cas bien vieilli. Ses allusions à la culture des années 80 dans laquelle baigne Thomas, sorte de jeune Rambo mâtiné de MacGyver, et ce fameux Minitel, nous remettent dans l’ambiance de l’époque, tout comme une chanson principale composée par Lalanne et chantée par Bonnie Tyler. C’est daté (et parfois très clipesque), soit, mais ça passe !

Il fallait en tout cas être sacrément culloté pour faire un thriller horrifique avec un enfant de neuf ans dans le cinéma français de l’époque. On ne s’étonnera guère que le film ait eu toutes les difficultés à trouver une distribution dans les salles françaises. Heureusement pour Manzor, le film se vendra bien à l’étranger, et « 3615 code Père Noël » ne sera pas son dernier film comme il le craignait. Remarqué par Spielberg et Lucas, il réalisera deux épisodes de la série « Les aventures du jeune Indiana Jones » (92-93), puis deux autres films (« Un amour de Sorcière » en 1997 et « Dédales »en 2003). Aujourd’hui, il tourne pour la télévision française et s’est lancé avec succès dans l’écriture de romans.

Coffret Blu-ray/DVD. Studio Le Chat qui fume (2017). Edition limitée à 2000 exemplaires. Version française. Bonus : entretien avec René Manzor (88mn), entretien avec Alain Musy, court métrage « Synapses » de René Manzor, commentaire audio de René Manzor,…

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