Un film d’exploitation plutôt réussi en dépit d’une interprétation monstrueuse d’Arch Hall Jr.

The Sadist (1963)

(Le sadique)

Ecrit et réalisé par James Landis

Avec Arch Hall Jr., Marilyn Manning, Helen Hovey, Richard Alden,…

Directeur de la photographie : Vilmos Zsigmond / Direction artistique : Mark Von Berblinger

Produit par L. Steven Snyder

Thriller

92mn

USA

Charles Tibbs (Arch Hall Jr.) est un sadique. Un tueur implacable. Il aime torturer, humilier et tuer tous ceux qui croisent son chemin. Accompagné de sa petite amie Judy, il prend en otage trois personnes dans une casse de voitures. Un huit clos morbide commence…

Dans l’Amérique profonde, à la bordure du désert, trois collègues enseignants partent voir un match de baseball mais tombent en panne en chemin. Ils s’arrêtent dans une casse automobile, mais ses occupants semblent être partis précipitamment. Ils tombent alors sur un couple armé qui les force à réparer leur propre voiture.

« The Sadist » est un huis clos dans une casse de voiture, un face à face entre trois êtres civilisés (des professeurs) avec deux barbares bas du plafond (de jeunes paumés tout juste sortis des bancs de l’école). Une revanche des classes s’annonce !  Judy et Charles forment une sorte de Bonnie & Clyde du pèquenaud issus de la boue radioactive de l’Amérique profonde. Et ils sont interprétés comme des débiles profonds par Arch Hall Jr. et Marilyn Manning.

Le duo maléfique est en fait basé (de façon très libre) sur les serial killers Charles Starkweather et Caril Fugate (actifs dans le Nebraska entre 1957 et 1958).

Dans le rôle du tueur Charles Tibbs, l’acteur californien Arch Hall Jr, en fait des tonnes. Le visage grimaçant, la voix déformée par un accent 100% plouc, la démarche à l’avenant,… Difficile avec une interprétation si caricaturale (on dirait une parodie d’un monstre gothique de la Universal) de prendre le film vraiment au sérieux. C’est dommage car l’ambiance s’en ressent. Arch Hall Jr. jouera dans six films entre 1961 et 1965, avant de laisser tomber sa carrière d’acteur au profit de celle de pilote d’avion. Ce n’est pas forcément une grande perte pour le cinéma.

Je dis ça, mais même sa prestation ahurissante n’arrive pas à gâcher complètement le film qui reste un film d’exploitation efficace grâce à la réalisation solide et un suspense bien maintenu (et ce en dépit d’incohérences et de dialogues souvent limites).

Le film est écrit et réalisé par James Landis. Il a pour sa part dirigé et parfois écrit six films entre 1962 et 1965, dont trois en collaboration avec Arch Hall Jr et son père Arch Hall Sr également acteur, scénariste, réalisateur et producteur et très impliqué dans la carrière d’acteur de son fiston. Je n’ai pas vu les autres mais la comédie « The Nasty Rabbit », sortie un an après « The Sadist, a l’air de valoir son pesant de cacahuètes !

A noter que « The Sadist  » est le premier long dont la direction de la photographie est assurée, comme pour les prochains films de Landis, par une future légende de la profession, Vilmos Zsigmond, aujourd’hui célèbre pour avoir travaillé avec De Palma (Blow Out,…),  Steven Spielberg (Close Encounters of the Third Kind) ou encore Michael Cimino (The Deer Hunter).

La copie proposée par l’éditeur français le Chat qui fume est de qualité moyenne, mais tout à fait supportable pour un film de série Z de cette époque.

DVD zone 2 FR. Studio Le chat qui fume. Version originale sous-titrée en français

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