Un film de monstre dans l’outback australien où un énorme sanglier aime se nourrir de chaire humaine ! Le premier film du réalisateur d' »Highlander »

Razorback (1984)

Réalisé par Russell Mulcahy

Ecrit par Everett De Roche d’après le roman de Peter Brennan

Avec Gregory Harrison, Arkie Whiteley, Bill Kerr, Judy Morris,…

Direction de la photographie : Dean Semler / Production design : Bryce Walmsley / Montage : William M. Anderson / Musique : Iva Davies

Produit par Hal McElroy

95mn

Thriller / Horreur

Australie

Jack Cullen (Bill Kerr) s’occupe de son petit fils de deux ans dans sa maison isolée de l’outback australien. Alors que la nuit tombe et qu’il couche le petit garçon, Cullen entant du bruit à l’extérieur. Quand il sort, un énorme sanglier fonce sur lui, et traverse les murs de la maison, emportant dans la nuit son petit fils. Arrêté suite à la disparition du garçon, il est relaxé pour manque de preuves.

Quelques années plus tard, la Journaliste télé new yorkaise spécialisée dans la protection animale, Beth Winters (Judy Morris) est envoyée enquêter sur le massacre des kangourous dans un village de l’outback australien. Mais sur son chemin, elle rencontre les frères Baker, deux dégénérés qui s’occupent de l’abattoir local… et le fameux sanglier.

« Razoback » est le premier film de fiction du réalisateur australien Russell Mulcalhy – il avait réalisé en 1979 le fameux documentaire longtemps interdit « Derek and Clive Get the Horn » . Depuis son clip pour AC/DC « Baby please don’t go » en 1976, il a remporté un joli succès en Grande-Bretagne en filmant pour des pointures musicales de l’époque, comme The Stranglers, Ultravox ou encore Duran Duran. C’est d’ailleurs en voyant un clip de ce dernier groupe new wave, que le producteur australien Hal McElroy (qui a quand même commencé sa carrière en produisant les premiers films de Peter Weir), lui propose ce projet de film d’horreur.

Russell Mulcalhy y mettra sa patte visuelle. On retrouve son amour excessif pour les filtres et les fumigènes, et son utilisation maximalisée des décors (naturels ou non) afin de produire des images marquantes. C’est un peu too much, mais une parfaite démonstration du style visuel alors en vogue au cinéma.

« Razorback » est un film d’horreur qui joue sur l’ambiance, et qui comme « Jaws » de Steven Spielberg plus tôt, met son monstre, une animatronique à taille réelle, un peu en retrait, notamment pour des raisons techniques. De fait on entend plus ce sanglier monstrueux qu’on ne le voit distinctement à l’écran. Et ce n’est pas plus mal.

Ceci dit, il faut noter que quelques scènes, comprenant des gros plans du monstre et jugées un peu trop gore ont été retirées du film avant sa sortie pour éviter que les censeurs n’imposent une interdiction aux moins de 18 ans.

Russell Mulcalhy prend un plaisir certain à filmer les paysages inquiétants de l’outback et les gueules cassées de ses habitants patibulaires. On sait depuis « Wake in Fright » en 1971, que les paysages désertiques et l’isolement de ses habitants sont un terreau riche pour faire naitre des histoires horrifiques.

« Razorback » est un bon thriller horrifique, qui vire parfois vers le grotesque et l’humour noir. Et les excès visuels de Mulcalhy renforcent ce côté quasi irréel et absurde. Deux ans plus tard Muclcalhy aura l’occasion de s’amuser avec un budget bien plus important dans un film ambitieux, le cultissime « Highlander« , l’un des films des années 80 qui épousera le plus le style clipesque. Formellement, Mulcalhy n’a peur d’aucun excès. Qu’on se le dise !

DVD/ Blu-ray FR. Studio Carlotta (2019). Version originale sous-titrée en français et version française

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