Relecture eighties du film d’horreur gothique, « Incubus » souffre d’un scénario troué comme une passoire.

Incubus (1982)

Réalisé par John Hugues

Ecrit par George Franklin d’après le roman de Ray Russell

Avec John Cassavetes, John Ireland, Kerrie Keane, Helen Hughes, Erin Noble, Duncan McIntosh,…

Direction de la photographie : Albert J. Dunk / Direction artistique : Elinor Fairless Hawksley et Susan Longmire / Montage: George Appleby / Musique : Stanley Myers

Produit par Marc Boyman et John M. Eckert

Horreur / Fantastique

93mn

Canada

Dans une petite ville américaine, le docteur Sam Cordell (John Cassavetes) voit arriver à l’hôpital des jeunes femmes violées. Mais qui est l’auteur de ces viols. La quantité et la couleur du sperme recueilli sur les corps oblige Cordell à envisager d’autres pistes que celles purement scientifiques.

Dans une petite ville américaine sans histoire, des jeunes gens sont victimes de meutres sauvages, les filles sauvagement violées. Un jeune homme Tim (Duncan McIntosh) fait des cauchemars étranges et perd la tête. Il est convaincu qu’il est l’auteur de ces meutres. Il s’en confit un jour à sa petite amie Jenny (Erin Noble) qui se trouve être la fille du docteur Cordell (John Cassavetes). Ce dernier ne prend pas au sérieux les cauchemars du garçon mais pour combien de temps ?

« Incubus » souffre d’un scénario assez acabrantesque où même les réactions des personnages relèvent de l’irréel. Une horreur sans nom pour les cartésiens mais un film d’horreur décemment réalisé pour ceux qui aiment les films d’horreur fantastique et acceptent de faire l’impasse sur plusieurs trous noirs dans le scénario. Au moins le film a le bon goût de ne pas trop en montrer et de réserver une surprise finale (un peu facile mais bon).

« Incubus » peut se voir comme une relecture années 80 du gothique façon Hammer, plus explicite, plus gore. D’ailleurs le réalisateur britannique John Hough a dirigé l’un des derniers soubresauts du studio britannique au début des années 70, « Twins of Evil » (Les sévices de Dracula, 1971), déjà une histoire de sorcières.

Formé l’école de la télévision britannique dans la seconde partie des années 60, Hough a pratiqué d’autres genres, notamment le film d’aventures avec « Treasure Island » en 1972 ou « Biggles » (1980) ou encore le film d’action déjanté (« Dirty Mary Crazy Larry », 1974). Mais il est souvent revenu à l’horreur comme avec « The Legend of Hell House » (1973), « The Howling 4 » (1987) ou son dernier film « Bad Karma » (2001).

John Cassavetes avait une certaine pratique des films d’horreur en tant qu’acteur avec bien entendu « Rosemary’s Baby » (1968) ou « Furie » (1978). Et il avait déjà travaillé avec John Hough sur « Brass Target » (La cible étoilée, 1978). De toute évidence, il accepte ici un travail alimentaire, peut-être pour financer son avant-dernier film en tant que réalisateur « Love Streams » (1984).

A ses côtés, on trouve l’actrice canadienne Kerrie Keane. Ici dans son premier film pour le grand écran, elle a surtout fait carrière à la télévision mais a tourné une poignée de films dans les années 80 dont « Spasmes » (1983). A noter également au générique la présence du second rôle prolifique John Ireland.

S’il a fait le bonheur des vidéoclubs pendant la seconde partie des années 80, il est difficile aujourd’hui de voir ce film qui ne semble disponible à ce jour (juillet 2018) qu’en édition DVD espagnole.

 

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