Un clone de « Mad Max 2 » qui livre un spectacle  distrayant malgré un budget rikiki. Un bon exemple de productions d’exploitation italo-espagnoles de l’époque VHS

Il giustiziere della strada (1983)

(Les exterminateurs de l’an 3000)

Réalisé par Giuliano Carnimeo (sous le pseudo de Jules Harrison)

Ecrit par Elisa Briganti, Dardano Sacchetti et José Truchado (James A. Prich)

Avec Robert Iannucci, Alicia Moro, Luciano Pigozzi, Fernando Bilbao, Luca Venantini,…

Direction de la photographie : Alejandro Ulloa / Montage : Gianfranco Amicucci et Adriano Tagliavia / Musique : Detto Mariano

Produit par Camillo Teti

SF / Action

90mn

Italie / Espagne

En l’an 3000, la couche d’ozone a été percée après que les hommes ont décidé de s’envoyer quelques bombes nucléaires dans la tronche. Du coup, la planète est transformée en vaste désert, il ne pleut plus et l’eau est devenue la ressource rare que tout le monde tente de s’approprier… avec des flingues bien entendu. Une communauté qui tente de faire pousser des végétaux a envoyé un homme chercher de l’eau dans un endroit que seuls ils connaissent. Mais il n’est jamais revenu et son fils, le jeune Tommy (Luca Venantini) veut aller partir à la recherche de son père et de l’eau. Il profite qu’une seconde équipe est envoyée en mission pour se cacher dans l’un des véhicules. Mais le convoi est attaqué par une bande de brigands menés par Crazy Bull (Fernando Bilbao). Seul survivant, Tommy tombe sur un homme prisonnier dans la carcasse de sa voiture, Alien (Robert Iannucci). Tommy le sauve, mais Alien, un mercenaire, accepte seulement d’aider Tommy dans l’espoir de se saisir le stock d’eau pour la revendre au plus offrant.

Après le succès de « Mad Max » (1979) et surtout le triomphe de sa suite, « Mad Max 2, The Road Warrior » (1981), les spécialistes italiens et espagnols du cinéma d’exploitation décident de s’emparer de ce genre prometteur, les films d’action post-apocalyptiques. « Il giustiziere della strada » (1983) lorgne clairement sur ces deux films de Geroge Miller, et principalement le second, dont il est une copie très, très proche. Rien ne sert ici de se livrer au jeu des sept différences, voyons comment se débrouille cette version italo-espagnole.

Après un début avec une voiture de police qui nous plonge plutôt dans le 1er Mad Max, « Il giustiziere della strada » fonce à toute allure vers le deuxième épisode. Alors évidemment les courses poursuites tournées à 20km/h n’ont rien à voir avec celles virtuoses des films de George Miller mais on a droit à quelques jolis crashs et explosions. Le film est bien rythmé, propose des personnages assez bien brossés, mais clairement on a l’impression qu’il manque quelques scènes (s’agit-il de la version intégrale ?) et la fin est assez… inexplicable. En tout cas on peut saluer les efforts consentis par l’équipe pour faire un film qui tienne à peu près la route, et donc qui répond à son ambition initiale, celle de faire un clone de « Mad Max 2 » regardable. Ce qui est déjà bien. Et franchement, c’est toujours plus réussi que les 3/4 de « Mad Max Beyond The Thunderdome » (1985) !!

« Il giustiziere della strada » a été filmé en Espagne, dans la région d’Almeria, haut lieu de tournage des westerns spaghetti. Le scénario est co-signé par des habitués du cinéma d’exploitation, mariés dans la vie, qui ont écrit plusieurs fois ensemble, Elisa Briganti et Dardano Sacchetti (tous les deux ont collaboré plusieurs fois avec Fulci et Sacchetti a commencé sa carrière auprès de Dario Argento et Mario Bava). Ils sont ici assistés par l’acteur et scénariste espagnol, José Truchado.

La réalisation est assurée par Giuliano Carnimeo (sous le pseudo de Jules Harrison). Carnimeo, plutôt habitué aux comédies est un étrange choix pour un film d’action SF. Mais après tout il avait signé une dizaine de western à la fin des années 60 et au début des seventies (sous le pseudo d’Anthony Ascott). Alors âgé de 51 ans, il était à présent en fin de carrière (il réalisera encore trois films après celui-ci).

Dans le rôle principal d’Alien, Robert Jannucci décrochait ici sa première et dernière tête d’affiche. Il tournera une dernière fois dans une série américaine « 18 Wheels of Justice » (2000) avant de disparaitre des écrans. A ses côtés, dans le rôle de la dure à cuir au coeur tendre Trash (et qui pratique l’amour vache avec Alien), l’argentine Alicia Moro tournera un peu plus, surtout en Espagne. Enfin le jeune Luca Venantini (dans le rôle de Tommy) avait, malgré son jeune âge, déjà tourné dans deux films d’horreur (notamment dans « Paura nella città dei morti viventi » (Frayeurs, 1980) de Lucio Fulci. Il partagera la tête d’affiche avec Bud Spencer dans « Superfantagenio » (Aladdin, 1986) et continue encore aujourd’hui à tourner.

Un mot sur la copie du film. Il vient de sortir en France en combo blu-ray DVD chez le jeune éditeur Pulse, qui sort ici ses premiers films (avec « Atomic Cyborg ») à l’occasion du financement participatif du livre « Retours vers les futurs » de Claude Gaillard. Le film est livré dans une belle copie avec une piste anglaise et française. La durée de 90 minutes est étonnante sachant que le blu-ray américain, sorti chez Shout Factory en 2015, annonce lui un film de 103 mn. Il serait dommage que l’éditeur français ait décidé de sortir une version plus courte, mais il y a sûrement une bonne explication derrière cette différence de durée – EDIT : sur la page kickstarter, il est expliqué : « il n’existe (…) qu’un montage unique, il n’y a pas de versions censurées ni de versions longues. Si la VHS et les DVD PAL présentent des durées plus courtes que celles indiquées pour le cinéma ou que les supports NTSC, c’est simplement parce que le film est à 24 images par secondes, tandis que la vidéo PAL est à 25 images par seconde, et que le défilement est légèrement accéléré. Nous pourrions nous aussi parler de versions « intégrales » ou « non censurées », mais ça ne signifierait rien ! ». Dont acte.

En bonus, on a même droit à un scan de la VHS française sympathique et des trailers d’autres films post-apo, plus un court métrage français post apo très amateur « Gasoline Road » (2015). Par contre, le « commentaire odieux » (sic), qui est volontairement stupide, n’apporte rien et est un peu insultant envers le film qui mérite quand même mieux que des commentaires vaseux.

Combo blu-ray/DVD. Studio Pulse Video (2020). Version anglaise sous-titrée en français et version française. Bonus : Commentaire audio/odieux, version VHS, interview de Claude Gaillard sur son livre « Retours vers les futurs », court-métrage « Gasoline Road »,…

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