Un huis clos en plein désert de Mojave. Une Amérique profonde menaçante et inquiétante bien restituée mais desservie par un scénario et des dialogues inégaux.

Bad Day at Black Rock (1955)

Bad Day at Black Rock (1955)

(Un homme est passé)

Réalisé par John Sturges

Adapté par Don McGuire et Millard Kaufman de la nouvelle « Bad Time at Honda » by Howard Breslin

Avec Spencer Tracy, Robert Ryan, Anne Francis, Dean Jagger, Lee Marvin, Ernest Borgnine…

Directeur de la photographie : William C. Mellor / Direction artistique : Malcolm Brown et Cedric Gibbons / Montage : Newell P. Kimlin / Musique : André Previn

Produit par Dore Schary pour la MGM

Crime/Thriller

81mn

USA

Fin 1945. Pour la première fois en quatre ans, le train s’arrête à Black Rock, une bourgade perdue dans le désert de Mojave. Un homme, John J. Macreedy (Spencer Tracy) descend du train. Mais le moins qu’on puisse dire, c’est que la population locale n’accueille pas son arrivée avec joie. Surtout quand les locaux apprennent qu’il recherche un certain Komako.

Un train traverse le désert à toute allure. A l’approche d’un village, ou plutôt d’une poignée de maisons perdues au milieu d’une plaine désertique, il s’arrête à la surprise de quelques témoins. L’un des cheminots du train laisse descendre un vieil homme en costume, le chapeau vissé sur la tête, la main gauche enfoncée dans sa poche. Alors que le cheminot compatit « quel trou ! », Macreedy (Spencer Tracy) annonce que de toute façon il ne restera que 24 heures.

Alors que le train repart, le télégraphiste s’approche de Macreedy. Il doit y avoir une erreur, personne ne lui a dit que le train s’arrêtait, ce qui n’était pas arrivé depuis 4 ans ! Inquisiteur et brutal, le télégraphe demande à Macreedy ce qu’il vient faire là. Ce dernier pas décontenancé, lui demande si une voiture peut l’amener à Adobe Flat. Le télégraphe se renfrogne encore plus. Pas de voiture. Alors un hôtel ? Il secoue la tête affirmativement, Macreedy se dirige alors vers l’hôtel tandis que les habitants le dévisagent avec méfiance et hostilité.

Que peut-il bien se passer à Black Rock ? Les habitants semblent de toute évidence cacher un sombre secret et ne pas vouloir de la présence d’un inconnu. Qui est Macreedy et que cherche-t-il ?

« Bad Day at Black Rock » est mis en scène par le réalisateur américain John Sturges qui deux ans plus tard va sortir son premier grand classique, le western « Gunfight at the O.K. Corral » (Règlement de comptes à O.K. Corral, 1957). Ici il nous livre un quasi huis clos en plein milieu du désert du Névada, tourné en cinemascope et en Eastman Color. C’est beau et lui vaudra d’ailleurs une nomination aux Oscars pour le titre de meilleur réalisateur.

Le souci c’est que « Bad Day at Black Rock » n’est pas loin de l’exercice de style un peu vain. Soit, l’ambiance malsaine est bien restituée, renforcée par un casting hors pair. Face au géant Spencer Tracy (qui avait déjà tourné pour Sturges dans « The People Against O’Hara » en 1951), on retrouve ainsi Robert Ryan ou de jeunes acteurs prometteurs tels Lee Marvin et Ernest Borgnine. Mais le suspense est un peu artificiel (l’histoire est somme toute très simple), les personnages brossés à la va-vite et les dialogues peu convaincants. Quant au final… Heureusement le film est court (80mn) et ne rallonge pas artificiellement son intrigue.

Si les réserves sont bien réelles, le film a ses qualités comme je l’ai expliqué. Surges livre une vision inquiétante de l’Amérique profonde, raciste et violente qui emprunte plus au film noir qu’au western.

DVD zone 2 FR. Studio Warner Bros (2006). Version originale sous-titrée en français et version française. Bonus : Commentaire audio de Dana Polan

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