Un film post-apocalyptique culte, misanthrope et ultra-violent qui a marqué à jamais le genre

A boy and his dog (1975)

A Boy and His Dog (1975)

Réalisé par L.Q. Jones

Ecrit par L.Q. Jones d’après la nouvelle de Harlan Ellison

Avec Don Johnson, Tiger, Tim McIntire, Susanne Benton, Jason Robards, Alvy Moore, Helene Winston,…

Direction de la photographie : John Arthur Morrill / Production design : Ray Boyle / Montage : Scott Conrad / Musique : Tim McIntire

Produit par L.Q. Jones et Alvy Moore

Science-fiction

91mn

USA

USA, 2024. La quatrième guerre mondiale a finalement causé en cinq petites minutes l’apocalypse tant redoutée. Dans un paysage désertique et un monde où la seule loi encore en exercice est celle du plus fort, Vic (Don Johnson) tente de survive, obsédé par le fait de combler ses besoins en nourriture et en femmes, deux denrées devenues très rares. Il a pour seul compagnon son chien Blood (Tiger / Tim McIntire) avec qui il est en mesure de parler par télépathie. Vic assure la recherche de nourriture tandis que Blood est censé utiliser ses facultés canines pour éviter le danger et trouver des femmes.

Quatre ans avant le premier Mad Max, un film en particulier a posé l’ultra-violence post apocalyptique sur grand écran. En dépit de son titre qui laisserait plutôt augurer d’un film familial, « A Boy and his Dog » est tout sauf un film grand public. Le ton est donné dès la première scène du film où Vic entend des cris, comprend qu’une femme se fait agressé, mais attend que les assaillants soient partis pour aller constater les dégâts et regretter que la femme ait été égorgée alors qu’elle aurait pu encore servir deux ou trois fois !

Comme le dit Blood lui-même, Vic n’est pas un type bien. Il ne cherche qu’à combler ses besoins primaires et a un degré d’empathie proche du néant (sauf envers Blood de temps en temps). Au fil de leur « quête existentielle », Vic et Blood vont croiser la route de Felini, l’homme fort qui s’impose dans la région à coup de cruauté, un campement où on diffuse des pornos amateurs… et une jeune femme Quilla (Susanne Benton) qu’il comptait violer mais qui s’avère réceptive à ses envies – ce qui le surprend lui-même. Du coup Vic rêve d’une vie à trois, mais ni Blood ni Quilla ne sont convaincus. Quilla, qui vit dans un abris sous-terrain avec un groupe de rescapés organisés en mini société, voudrait le ramener chez elle. Mais Vic aime bien sa vie à l’extérieur. Quand Quilla s’échappe, il part à sa poursuite et s’aventure dans l’abri où il va rencontré une société… surprenante (mais pas dans le bon sens).

« A Boy and his Dog » est adapté d’une nouvelle signée par l’écrivain américain Harlan Ellison et publié en 1969 dans le magazine de SF britannique « New Worlds » alors dirigé par Michael Moorcock. Acteur texan qui a débuté sa carrière au milieu des années 50, LQ Jones avait réalisé onze ans plus tôt un petit western indépendant « The Devil’s Bedroom » (1964). Si Ellison s’est montré plutôt satisfait du résultat, il regrettera néanmoins une petite phrase finale qu’il juge un sexiste et lourdingue (et qu’il met sur le compte de l’éducation texans de Jones !). Et à ceux qui lui reprochent le côté misogyne de l’histoire (la fin est quand même sacrément cullotée !), Ellison répondait agacé qu’il n’était pas misogyne mais misanthrope, nuance !

Quoi qu’il en soit « A Boy and his Dog » est un excellent film apocalyptique qui a largement influencé les représentations futures du monde apocalyptique, de Mad Max au jeu vidéo « Fallout » (6 opus solo, dont 4 jeux de rôle, et un jeu multi-joueurs depuis le premier du nom en 1997).

Dans le rôle principal de Vic, on trouve un jeune Don Johnson (alors âgé de 26 ans) qui avait débuté au cinéma cinq ans plus tôt et avait déjà une solide expérience aussi bien au cinéma qu’à la télévision. Il devra néanmoins attendre encore un peu pour la gloire qui lui tombera dessus en 1984 avec la série « Miami Vice ».

Aujourd’hui on peut lire le roman de Ellison dans un recueil intitulé « Vic and Blood: The Chronicles of a Boy and His Dog » regroupant le texte principal qu’Ellison avait rallongé pour en faire un court roman plus deux autres nouvelles avec nos deux « héros ». Je n’ai pas l’impression que ces textes soient disponibles en version française. Pour le film, nous n’avons pas beaucoup plus de chances avec, à l’heure où j’écris ces lignes (en janvier 2020) juste un blu-ray américain zoné de Shout Factory (avec quand même des sous-titres anglais optionnels.  Nul doute qu’un éditeur français de genre finira par se pencher sur ce film culte.

Blu-ray US zone A. Studio Shout Factory (2013). Version originale avec des sous-titres optionnels en anglais. Bonus : « In Conversation: Harlan Ellison And LQ Jones », Commentary By Director LQ Jones, John Arthur Morrill and Charles Champlin

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